Friday, November 10, 2006

Quart d’heure Sophia

Kathmandu, 10/11, 10 :26

Voila une heure et demi qu’on est bloqué dans les embouteillages. Au-delà des embouteillages « classiques » des grandes villes, aujourd’hui, les maoïstes népalais manifestent ! Notre journée de visite de la vallée de Kathmandu commence bien ;-)

1h30 de pollution a cuire au soleil contre la vitre du bus et a gamberger… Et oui, ce matin, la France, Sophia Antipolis, m’a rattrapée : J’ai eu un message a la réception de l’hôtel, ma mère qui me prévenait que j’avais un entretien pour un boulot a Sophia le lendemain de mon retour :P inutile de le rappeler, tout le monde le sait : c’est un poste que j’attend a peu prés depuis 5 ans… Je ne compte plus les déceptions a ce sujet depuis tout ce temps, et je sais très bien qu’un entretien ne veux pas dire grand-chose, mais je vous assure, ca fait gamberger …

Sur le bord de la route : des écoliers en uniforme, des intouchables casseurs de pierres, des coiffeurs/barbiers armés d’une chaise et d’une paire de ciseaux, un berger et sa chèvre en laisse qui attend le bus, …
Le barbier et ses amis
Vous avez dit "coloré" le Népal?...

Thursday, November 09, 2006

Ce n'est qu'un Au revoir

05 :35, Dunche
Jour11 : Dunche (2030)-Kathmandu
Encore un matin où je me retrouve les yeux comme un hibou une demi-heure avant le réveil. Pourtant hier soir, pour notre dernière soirée avec toute l’équipe, on a fait une gentille fiesta !! Couché 21h30 :P youhou !!

Nima le cuisto, nous a mijoté un bon petit plat : un de ses fameux poulets népalais… impressionnante cette viande, voila une vraie bestiole qui court dans la montagne, on croirait de la bavette blanche ! On a arrosé le tout d’une petite Tuborg des montagnes et Gems était parti… c’était le premier (et tout le monde a suivi) a rejoindre Ramesh, Dipak, Sandrha, et les autres sur la piste danses népalaises. Cette fois, un vieux lecteur de cassette passait difficilement les chansons que nos sherpas avaient l’habitude de nous chanter. Du coup, ils avaient plus de pèche pour danser ;-)

L’ambiance était vraiment chaleureuse. Tous ces joyeux lutins de la montagne sont attendrissants et très attachants, tous avec un petit style différent, mais tous avec un grand sourire accroché aux oreilles !
Le coq chante, la nuit est toujours bien présente, mais j’entends des pas déjà dans la rue en bas.
« Debout 6h, 6h30 petit-dej, 7h on part ! » Ce refrain de fin de soirée que Dipak nous a servi tous les soirs, avec quelques variantes d’horaire, va nous manquer.
Je me suis réveillée avec une chanson dans la tète ce matin, va savoir pourquoi… : « Il descend de la montagne a cheval, il descend de la montagne a cheval,… ». Mais aujourd’hui, c’est pas a cheval, mais en bus qu’on va descendre de la montagne ! Et cette fois, ca va pas entre les 3 petites heures de l’aller, on en a pour 8h. Tout ca pour une centaine de kilomètres. C’est pour dire l’état des routes…
Ca y est : j’entends le « G’morning » s’approcher. C’est l’heure de partir, de redescendre sur Kathmandu et de laisser ces magnifiques sommets blancs que je contemple une dernière fois en ouvrant les rideaux.
Aurevoir...













On Remonte? ;-) …

Wednesday, November 08, 2006

Un moment a la fenetre …

Dunche(2030m), 15:56

Derniere promenade

13 :21, Dunche
Jour10 : Sing Gompa – Dunche (2030)

Diection "Le Non-Retour" pour cette derniere marche









Au détour d’un chemin, on passait par la, un gentil herboriste des montagnes s'y trouvait.








Nous voila de retour a la civilisation, enfin… dans un village de plus de 10 maisons.

La petite vachere a l’entrée du village









On est en train de finir de manger ; des ouvriers, devant ma fenêtre, sortent le sable de leur camion pour réparer la route.
Cette fois, on a eu droit à des hamburgers … la misère !
M’enfin, ils étaient bien customisés « népalais » avec un mélange de légumes frits en forme de steak. Au final, bien sympa ! Sinon, la sauce chili nous a fait un remake du Vésuve en éruption ! I. , Gems et moi en ont mangé quelques goutes, espérons que nos estomacs tiennent le choc du chili fermenté !
Allez, tout le monde est sorti de table, allons faire une promenade digestive dans les rues de Dunche...

Tranquillement barbelées, les écoles de Dunche…










Petites conseils de soins et d’hygiène au coin de la clinique

En voila un, qui sait qu’il a un lent et gros cul et il irait presque jusqu'à s’en excuser !
Et notez les zolies petites fresques de verdures, c’est pas choupinnet tout ca? Lovely !





la petite échoppe, le linge qui séche, la moto qui brille, un bisou sur le front de la petite pomme… ils sont pas « en place », ces 2 la ?




La sortie des ecoles, un mercredi soir sur la Terre …

« ‘Morning ! »

06 :15, Sing Gompa
Jour10 : Sing Gompa – Dunche (2030)

Je suis au fond du sac. Gems vient d’aller faire un petit pipi. Ce matin, ca devait être grasse mat’, ils doivent nous réveiller à 6h30. Mais la, impossible de me rendormir pour 10minutes. Ca a ete pareil tous les jours, quelque soit l’heure du réveil, j’ouvrais l’œil 10-20 min avant le fameux « ‘Morning ! »
De l’autre coté du mur, j’entends les sherpas qui discutent et dehors, il y a déjà des coups de marteau et de pelles qui résonnent.

Ce matin, on va voir la fromagerie avant de partir. On a pas pu la faire hier aprèm, yavait vraiment un sale temps ! La neige/grêle a d’ailleurs tenue ! Ca glissait bien quand on est allé se coucher hier soir. Ca va être "dégustation de fromage et de yaourt de Nak" (et non « de Yak ») …
Tout le monde dit « yak », même les népalais, mais eux, c’est uniquement pour se faire comprendre des touristes incultes, car le Yak … c’est male ! La femelle, c’est la Nak.
A défaut d’en avoir vu en vrai, voila un truc qu’on aura appris sur ces bestioles ! on aurait du en voir pendant l’ascension du Ama Yengri, malheureusement les bergers et leurs yaks n’étaient pas au rendez-vous. Voila une bonne excuse pour revenir !
Bon aller ! Faut bouger, (je sors le nez du sac), il fait pas si froid en dehors du sac. J’ai soif, la bouche sèche et envie de faire un pipi, c’est un signe : Debout !

A la douche !

Tuesday, November 07, 2006

Ca sent la descente …

19 :51, Sing Gompa
Jour9 : Lacs de Gosaïnkund (4 380 m) – Sing Gompa


Au levé, 6h, le lac est un miroir …







… et les panneaux solaires recouverts de givre !











Journée de descente tranquille aujourd’hui, 1000m de descente pénard, un chouille nuageux au départ pour arriver dans une ambiance limite « corse » sauf qu’on est resté au dessus de 3000m !
Le lodge est super classe ! On a les WC avec une cuvette dans le couloir. Sinon, ayé on a eu droit a de l’eau chaude pour la douche. Tout le monde y est passé. Par contre, ave Gems, on est content d’etre passé en premier car, certes on a eu la fraicheur de l’air qui nous a bien cisaillés, mais d’autres ont du sortir sous la grêle voire la neige. Et oui, le temps change vite en montagne (ouaaiiiss …x « en colline népalaise »).
Toute l’après midi, on l’a passé a jouer au pouilleux et au billard népalais avec les sherpas ou a la couinche avec JM et Al.
Aujourd’hui, c’était vraiment tranquille, seule difficulté de la journée, elle est a venir : Atteindre les chambres malgré le froid.


Scotchage de la journée devant ces hauts sommets

Tout le monde, autour de moi, discute avec D. le guide : « On a vraiment eu de la chance avec le temps, il a neigé au col, on aurait pas pu passer … ». Tout le monde reste penseur : « Faire demi-tour, marcher dans la purée de pois … quelle déception ! »
« On rencontrera, peut-être, les maoïstes demain sur le chemin. Ils demanderaient quelques roupies, rien de dramatique. Comme a Melanchipul, il y a moins de contrôle, donc ils circulent un peu partout. »
Pour la première fois, les sherpas ont été se couchés avant nous. Ils ont chanté un peu tout a l’heure, mais on était pris par notre partie de couinche. D nous a dit que comme on n’avait pas percuté, ils ont été se coucher : BOooOOOooo…

Recommandations pour le mal de montagnes croisées au detour d’un chemin














Tout le monde était content hier de descendre des 4300 : maux de tète, oblige ! Mais là, ce soir, une vieille ambiance de « demain c’est le dernier jour de marche » traine dans cette grande (voir immense) salle commune. Quelques phrases fusent, puis un gros blanc, un bâillement, quelques phrases, … Personne n’a envie d’aller se coucher, une commande de thé est partie alors qu’on en veut jamais le soir … c’est un signe !

Kraaak… ca resonne encore dans ma tete :P

La politique dérape sur la politique népalaise. D. parle assez facilement je trouve : « Tout le monde déteste le roi actuel, on sait tous qu’il a tué le roi précédent. En Avril/Mai, il devait y avoir des élections pour savoir si on garde ce roi ou pas. Les maoïstes sont nombreux dans la campagne, c’est eux qui protègent les villageois. Il faut supporter les maoïstes, c’est comme ca ! On aime pas le roi, on aime psa les maoistes, on aime pas les partis politiques (ils sont tous corrompus), mais il faut les supporter. C’est vraiment compliqué, … » Et il se marre, comme toujours. Que la discussion soit sérieuse ou pas, il rigole. Petit pays plein de tumulte, de divisions, de religions, de cultures, divers et variées, … coincé entre 2 gros mastodontes, … ca me rappelle quelque chose, bref !
Gems regarde sa montre : 20h 19, « Yes, on joue la montre, on va arriver a 21h, cette fois ! »

Et celui-la, il est pas mignon ?










La discussion repart sur le manque de touristes cette année a Helambu. La lumière au néon rend la pénombre particulière. Derrière, des femmes discutent dans la cuisine en finissant de ranger. La radio népalaise est en fond. Tous autour du poêle, les serviettes de toilette bleus « spéciales trekking » pendent au dessus de nos têtes.
On sent bien, que l’on doit aller se coucher, nos hôtes baillent autour de nous, rangouillent bruyamment, ..
Al lez, zou ! Dodo ! Cette nuit encore, et peut-être pour la dernière fois, nous auront besoin de nos draps de soie, il fait froid dehors : il faut aller vit en profiter !!

Monday, November 06, 2006

Le col

13 :57, Gosaïnkund (4380m)
Jour8 : Phedi(3630m) - Col de Laurebinya La (4 609 m) - Lacs de Gosaïnkund (4 380 m)

Installé face au soleil, le lodge a une vue plongeante sur les lacs de Gosaïnkund. Le dos calé dans les escaliers, la peau du ventre bien tendu par une pizza népalaise, je repense a cette fameuse ascension et a son col le « laurebina pass » a 4609m. Le lac scintille, il y a de la neige uniquement sur le versant d’en face. De notre coté, l’herbe jaune brulée par le froid remplace la neige. Entre les 2 versants le lac et plus bas dans les nuages, la descente, notre chemin retour.

Aujourd’hui était certainement la plus belle journée.
Réveillé a 5h, petite tape sur le flan du cheval coupé a la Beatles et direction pipi, ca urge ! Il faisait si froid dehors cette nuit que j’ai pas eu le cœur de sortir …

On s’est vite préparé dans ces petites boites qui nous avaient servi de chambre pour la nuit, a la lumière de nos lampes on s’est avalé le petit dej pour partir vers 6h10 quand le soleil commence a éclairer le ciel.

Première objectif : Les 4000m ! Vu d’ici, a 3700, ca ne fait que 300m .. bin on a mis une bonne heure et demi ! Un petit gite désaffecté était la pour nous accueillir. A peine le temps de prendre une photo, de repérer « Le col » que l’on apercevait au loin avec son drapeau et hop, c’était reparti.
En marchant il fait bon, mais quand on s’arrête, ca caille ! Et puis, des pauses trop longues, c’est pas bon pour le souffle. Symptômes de la pause trop longue : Les 50 premiers mètres, crachage de poumon, la bouche grande ouverte, version hyper-oxygénation, quand au cœur, c’est la version live de U2 a un mètre des enceintes. Que du bonheur !! Apres, le rythme est pris, et vazy : droite, gauche, droite gauche, un pied après l’autre, droite, gauche, …
Au dessus des 4000, la végétation qui se cantonnait a quelques buisson par ci par là, disparaît complètement pour laisser la place aux Rochers, de l’herbe brulée, quelques petites fleurs sombres et des milliers de crottes de biquettes !!
Nous suivons et traversons de minuscule court d’eau. Plus on monte, plus il fait froid… Et le Smile me monte d’un coup, quand j’entends pour la première fois, sous ma galoche, le craquement de l’eau gelée qui se brise !
Quelques dizaines de mètres plus loin, ca y est ! … Derrière un gros rocher une petite couverture de neige… Cette fois, c’est la montagne !!!
Les pauses se font de plus en plus courtes, certains ont des petits maux de têtes passagés ou de petits coup d’étau sur les poumons, la file de fourmis s’allonge… Gems a l’air de pété la forme, alors qu’il tirait un peu la langue pour Ama Yengri, il y a quelques jours…il a fait le plein de globules rouges depuis ! Quand a moi, je me retiens de pas partir en courant tellement, j’ai l’impression de pouvoir soulever des montagnes ! Mais je crois que l’euphorie fait parti des symptômes du mal des montagnes… bin je suis en plein dedans !
Le drapeau est là sous nos yeux depuis si longtemps que lorsque vient la dernière montée, je ne m’en aperçois pas ! C’est le guide qui fait mine de nous encourager en nous le disant.
A partir de là, tout c’est accéléré : Gems a commencé a trotter, le sentier s’est recouvert de neige, le vent s’est levé, et zou, en une seconde, D. qui était juste devant Gems se retourne les bras en l’air : « on y est !!». Dans le soleil, je les vois se donner une bonne poignée de main, puis D, s’approche me faire une bise.
Les drapeaux de prières claquent dans le vent glacial. Un ou deux cris de joie s’échappe de ma gorge sans vraiment savoir pourquoi. Les bras en l’air, les cheveux au vent, j’ai les mains gelées, le visage qui brule, CA CAILLE !!!
Vite, vite, on se change… on vide le sac des 1000 couches techniques que l’on avait épluché pendant la chaude ascension pour se les rempiler sur le dos. Et la commence une bonne séance photos et contemplation.
L’Est, l’Ouest, le Sud, le Nord. D’une petite échappée dans la neige en cavalant comme des gamins à une petite sieste en contres-bas, calé entre de vieilles ruines qui nous abritaient du vent.
Puis vient la descente, quelques 300m pour rejoindre le village de Gosainkund. Au bout de quelques minutes, on se fait attaquer par un des porteurs en embuscade. Ramesur est remonté après avoir transporté nos sacs, pour venir jouer avec nous dans la neige.
Il est tout fou celui-là, il se marre, balance des boules de neige en poussant des cris. Je lui cours après, il hurle, j’ai de la neige plein les chaussures, on le prend a 2 avec Gems, mais il vise bien mieux le bougre ! Le manque d’oxygène doit jouer sur notre équilibre (on se trouve des excuses comme on peut…). La descente est rapide, mais l’ambiance et le paysage sont excellents. On se marre, les lacs brillent autour de nous…
Enfin, au loin quelques maisons prés d’un lac : « Gosainkund ? ». Ramesur secoue la tête pour acquiescer. On rejoint doucement le groupe qui avait pris de l’avance pendant qu’on faisait joujou.
Une fois sur les rives du lac, l’euphorie retombe, le calme des flots, les petits clapotis gentils, le faux plat du sentier, me font « redescendre ». On passe devant une des sources du lacs où se trouve aussi un petit lieu de prière. Une fois arrivés au village, quelques marches supplémentaires pour atteindre notre lodge et voila !
Le clame absolu reprend le dessus.
Gems ronfle sur le rocher derrière moi et la face droite de ma figure est en train de griller.
Ce soir, on va certainement fêter cette superbe journée. Le lodge est bien mieux qu’hier, même s’il y a des glaçons dans l’eau de la douche. Il y aura bien une petite San miguel qui traine, avec quelques danses et chants népalais ca fera très bien l’affaire !

Sunday, November 05, 2006

Le Camp de base, ca sent la neige là ...

14 :36, Phedi(3630m)
Jour7 : Therapati pass(3597m) - Phedi(3630m)

Mais non, j’ai pas rêvé aujourd’hui!
Je l’ai shooté mon Lutin au gâteau!

L’étape d’aujourd’hui devait tranquille d’après le descriptif initiale, mais D. insistait pour dire que ca allait durer 5heures… Bin, il avait raison, encore une fois ! Et oui « encore une fois » car hier, malgré la purée de pois, il disait qu’on allait avoir un super temps, au col, ce matin. Personne voulait le croire ? Au final, les nuages se sont dissipés dans la nuit et a 5h45, comme promis, il nous a réveillé pour LA séance photos !!!
Déjà, vers 1h du mat, au moment de mon pipi nocturne quotidien, la pleine lune m’a offert un spectacle grandiose, aussi bien coté Ouest, sur la passe que l’on franchira demain, qu’a l’Est avec ses sommets a plus de 7000m ! La neige scintillait blanche fluo sur toutes ces cimes. Je suis restée scotché un bon moment, mais j’ai fini par retourner dans mon duvet quand ma goute au nez a gelée !
A 5h, au réveil, le soleil était encore derrière les chaines de montagnes, mais quel spectacle ! Autour de nous tout était recouvert de givre, un rouge feu illuminait l’horizon, le ciel était limpide, pas l’ombre d’un nuage ! Avec un tel paysage, je sentais pas le froid, disons que je sentais rien. Sortie en trombe du duvet, j’étais restée en pij’, bin même pas froid, juste « frais ». Progressivement les rayons de soleil ont éclairé les montagnes pour finir par nous tombés dessus. Les photos ont fusé.




Et dans quoi je patoge, là?...

L’heure de petit dej est arrivée vite et il a fallu se lancer dans ce fameux parcours aux allures de montagnes russes. On a du s’enchainer 6/7 montées/descentes pour, au final, se taper +800/-600m en 5 bonnes heures de marches. Les nuages nous ont rapidement rattrapé et le dénivelé nous a rendu maitre dans l’art de la gestion des « couches techniques » : fait chaud, fait froid, fait chaud, fait froid, pause thé, fait chaud, fait froid, pause pipi, fait chaud, fait froid, pause tout court, fait chaud, fait froid, et ainsi de suite…jusqu'à Phedi (qui veux dire « camp de base »)

Il fait froid et humide. Pourtant, nous avons tous quitté la salle du poêle où on a mangé pour s’installer sur la grande table à l’extérieur. En bout de table, ca hurle en jouant aux cartes. Je sais pas a quoi ils jouent, mais ca braille, ca se marre et ca se tape dans les mains. En face de moi, 3 gaillards sont en train de maçonner. Il font une extension a ce gite, bien roots !... On nous avait prévenus, mais c’est pas si terrible. Bon certes, des feuilles de plastics clouées sur les murs de bois font office de fenêtre, le toit de tole est posé direct sur nos têtes et la taille des chambres se cantonne tout juste a celle du lit. Pour les sacs, ca sera dans le couloir qui ne fait pas plus de 50cm de large… C’est ce soir que ca va être sport : quand je vais devoir slalomer entre ses sacs pour aller aux toilettes :(
Ya quand même, de quoi se réchauffer
en grattant quelques cordes…

Tiens, je vais aller « faire l’eau » pour demain. Hier, c’était Gems, je vais me rendre utile aujourd’hui. Le principe est de préparer l’eau micropurée pour le lendemain. A priori, laisser plusieurs heures les micropures dans l’eau avant de boire, leur permet de se dissoudre mieux et de moins donner un gout de chlore a l’eau. Ca marche pas mal ! ca fait maintenant 5jours qu’on marche a l’eau micropurée et elle a un gout tres correct ! ca éviter d’utiliser des bouteilles en plastique et ca permet de se payer une petite bière a l’apéro plutôt que de l’eau minérale ! Mieux, non ? Et en plus, ca réchauffe la San Miguel a l’heure de l’apéro quand le soleil disparaît…
SanMiguel bien fraiche

Saturday, November 04, 2006

Deuxieme session scotchage!

17 :31, Therapati pass(3597m)
Jour6 Melamchigaon (2 530 m) - Therapati pass(3597m)

La purée de pois s’est un peu dissipée, juste assez de temps pour nous permettre d’aller faire une petite promenade. Il faisait si froid, mais progressivement en marchant, je me suis habituée. J’ai fini par trouver un spot de scotchage et hop 2ieme session de blocage du voyage après le monastère du 3770m me voila devant un coucher de soleil avec au premier plan une bataille de nuages : les gros bouffis qui montent et descendent en croisant les longs effilés qui stagnent au milieu des arrêtes.
Cette fois on est très proche du Silence, très, très loin il doit y avoir de l’eau qui coule. Sinon, rien, la une brise (heureusement, ca caille assez comme ca !). Gems vient me rejoindre. ce paysage, ces nuages au fond des plis et replis de la montagne, ce coucher de soleil, c’est si paisible, on aurait pu rester des heures a contempler. Mais, plus bas, une petit groupe de nos compères est passé … Qu’est-ce que ca résonne dans les montagnes !! Ils nous ont pété l’ambiance, les bougres ! Du coup, on est reparti pour une petite promenade qui nous a bien réchauffée. La pénombre commence a prendre l’avantage et a fini par gagner le match !
L’appel du poêle chaud, de la bière fraiche et de l’estomac vide a fait foi ! Nous avons quitté doucement ce paysage et cette ambiance inoubliable pour retrouver celle du Lodge, des sherpas jouant aux cartes et des trekkeurs échangeant leurs aventures…

Une après-midi de purée de pois

12 :30, Therapati pass(3597m)
Jour6 Melamchigaon (2 530 m) - Therapati pass(3597m)

De leur racine a leur cime, on les a tous admirés, pas après pas, on monte …

Les pieds a 2mm du poêle, on essaie de récupérer un peu de chaleur dans la salle commune du Sumch top lodge. On vient tout juste de poser les sacs et de se changer. Le temps est très moyen, sur le chemin, il faisait gris lumineux (comme dirait un certain breton): dans un sens on souffre moins de la chaleur du soleil, mais dans un autre, il y a moins de lumière et de contraste et, arrivés au col, il y a moins de trucs à voir a l’horizon !
Par contre, des tigres, des ours et des léopards se baladent dans les forets qu’on traverse.
Pour ne pas être seule avec sa petite pomme, une maman particulièrement bavarde nous a suivie toute la matinée. Elle a un lodge à Therapati avec son mari. Elle est venu faire quelques courses a Melamchi et remonte aujourd’hui. Son mari, certainement le seul à parler anglais, doit rester au lodge, mais il est venu la rejoindre pour l’aider à monter le fardeau.
(…)
Depuis qu’on est la, la purée de pois nous est tombé dessus, on entend maintenant, les goutes de pluie claquées sur la tôle de notre toit. Espérons que les prochains jours soient meilleurs, on va arriver dans la « zone de montagne », le Park du Langtang, où nous devrions admirer ces messieurs, dames, les vrais sommets ! Pour l’instant, ca caille, j’ai les mains gelées. C’est dans ces moments là qu’une petite voie venant de la petite enfance cri dans mes oreilles : « Le maillot de corps dans ta culotte, le sous-pull dans ton pantalon, et le pull par-dessus le tout ! C’est par les reins qu’on attrape froid ! ». Le repas arrive, espérons qu’il nous réchauffe un peu.
(…)
On fini a peine notre riz/chausson de légumes, quand la grêle s’abat sur nous ! Gling, gling, gling sur la tôle…BooOOoo, les mines s’assombrissent quand la salade de fruit en boite arrive.
(…)
Ma montre sonne 14 :00, on a pas bouger depuis le repas. Disons qu’on s’est installé. Certains lisent, d’autres sont aller faire un sieste, les sherpas jouent aux cartes. B. propose une partie de « barbu ». L’hôte de la maison vient de recharger le poêle, nous voila parti pour une bonne après-midi d’hiver.
(…)
Régulièrement les gars du lodge viennent récupérer un peu d’eau chaude de la grosse marmite placée au dessus du poêle. Par moment, quelques éclaircies nous font espérer une petite promenade en fin d’après-midi. Mais, très vite la purée de pois reprend le dessus et nous fait retomber le nez dans les cartes …